Alain Bernaud Biographie Bibliographie Extraits Divers Contact
Varanger
 II Comme à l’abri derrière son assourdissement balayure de taïga soufflée par la tempête la grive fend scie moud du silence – Dans sa confiance inguérissable en la venue de la nuit juchée sur une cime invisible elle apprête du petit bois au fond de sa gorge compose – revers intelligible de la tempête – des fagots d’air étincelant.
 VI Élongation de vent hypnotisée par l’horizon ! Propulsion de clairvoyance – sac délacé nourri de glissements de ciels, de surplus d’aires à retardement – rafales faisant par frottage le calque des toundras – des âmes ? Toutes les ligatures tiennent dans l’invisible ! Lui si souvent debout confiant dans la brèche de l’air – quel décharnement ! Comment faire reprendre un peu de poids au chant d’oiseau ?
 XXX On est passé en un rien de temps – déploiement subit de tous les aérofreins sensibles de Varanger d’un stock d’air écoulé à toute allure des synthèses éoliennes – à la parfaite immobilité – Larguée des plus anciennes lueurs du vivre ramassée, hagarde, éblouie, sur les douces tontes de l’Arctique la solitude inocule au grand livre d’air serein son vertigineux précipice – qu’agrandit, au loin un renne boitant l’immensité.